Pour une start-up, la levée de fonds est l'un des enjeux majeurs qui déterminent la croissance de...
Qu'est-ce qu'un brevet essentiel standard (SEP) ? Principes de base des conditions FRAND et points à noter dans les négociations de licence

Wi-Fi, Bluetooth, 4G/5G… Ces technologies de communication constituent désormais une infrastructure indispensable à notre vie quotidienne et à nos activités professionnelles. Mais saviez-vous que les entreprises qui fabriquent et commercialisent des produits utilisant ces technologies courent un risque considérable ? Il s'agit du problème des brevets essentiels à une norme (SEP : Standard Essential Patent).
Autrefois, les litiges relatifs aux SEP étaient réglés par des accords de licences croisées entre fabricants d'équipements de communication. Cependant, avec l'essor rapide de l'IoT (Internet des objets), les conflits liés aux SEP s'étendent désormais à des secteurs qui n'avaient auparavant aucun lien avec les technologies de communication, tels que l'automobile, l'électroménager, les appareils médicaux et les machines industrielles. Les cas où des titulaires de brevets étrangers réclament soudainement des redevances colossales sont en forte augmentation.
Dans ce contexte, la clé pour protéger les entreprises réside dans la connaissance et la stratégie de négociation de licences fondées sur les conditions FRAND (Fair, Reasonable and Non-Discriminatory). Cet article présente de manière exhaustive les bases des SEP, la mise en œuvre pratique des conditions FRAND, ainsi que les mesures concrètes que les entreprises doivent prendre.
Sommaire
- Que sont les brevets essentiels à une norme (SEP) ?
- Pourquoi les litiges relatifs aux SEP se multiplient-ils dans des secteurs d'activité très divers ?
- Que sont les conditions FRAND ?
- Déroulement et pratique des négociations de licence
- Trois points auxquels les entreprises doivent prêter attention
- Avantages de consulter un conseil en propriété industrielle et conclusion
1. Qu'est-ce qu'un brevet essentiel à une norme (SEP) ?
Le rapport entre normalisation et brevets
Les technologies modernes de l'information et de la communication fonctionnent sur la base de « normes techniques » établies par des organismes internationaux de normalisation. Une norme technique s'apparente à un règlement permettant aux appareils de différents fabricants de se connecter et de communiquer entre eux. Par exemple, si un smartphone et des écouteurs sans fil peuvent se connecter via Bluetooth, c'est parce que ces deux appareils sont conformes à la norme Bluetooth.
Principaux organismes de normalisation internationaux et normes établies
- IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) : Wi-Fi (IEEE 802.11), Ethernet (IEEE 802.3)
- UIT (Union internationale des télécommunications) : normes de compression vidéo (H.264/H.265), normes d'infrastructure de communication
- 3GPP : normes de communication mobile telles que la 3G (UMTS), la 4G (LTE) et la 5G (NR)
- Bluetooth SIG : Bluetooth Classic, Bluetooth Low Energy (BLE)
- ETSI (Institut européen des normes de télécommunications) : normes de communication européennes, transposition des normes 3GPP
De nombreuses entreprises et instituts de recherche participent à l'élaboration de ces normes, qui intègrent des technologies de pointe. Parmi ces technologies, certaines sont couvertes par des brevets détenus par des entreprises spécifiques. Ainsi, lorsqu'une technologie brevetée d'une entreprise est adoptée dans une norme, ce brevet devient un « brevet essentiel à la norme ».
Définition des SEP et caractère inévitable
Un brevet essentiel à une norme (SEP) est un brevet dont l'utilisation est inévitable pour mettre en œuvre une norme technique donnée. Avec un brevet classique, il est possible d'éviter la contrefaçon en adoptant une technologie de substitution. Mais ce n'est pas le cas avec un SEP. Tant que l'on se conforme à la norme, on est contraint d'utiliser cette technologie brevetée.
Le risque grave de l'inévitabilité
Il est impossible de contourner un SEP par une « modification de conception » (Design Around). Lors de la fabrication d'un produit équipé d'une fonctionnalité Wi-Fi, l'utilisation d'un SEP lié au Wi-Fi est inévitable. En d'autres termes, on est contraint de choisir entre obtenir une licence ou supprimer cette fonctionnalité du produit. Si la fonctionnalité de communication est au cœur du produit, il n'y a pratiquement pas d'autre choix que d'obtenir une licence.
Le tableau ci-dessous présente un aperçu des principales normes techniques et des SEP qui y sont associées.
| Norme technique | Principales applications | Exemples d'entreprises détentrices de SEP | Secteurs concernés |
|---|---|---|---|
| Wi-Fi (802.11) | Communication sans fil LAN | Qualcomm, InterDigital | Électroménager, IoT en général |
| 4G LTE / 5G NR | Communications mobiles | Huawei, Nokia, Ericsson | Automobile, appareils médicaux |
| Bluetooth / BLE | Communication sans fil à courte portée | Philips, Ericsson | Appareils portables, maison connectée |
| H.264 / H.265 | Compression vidéo | Pool de brevets MPEG LA | Diffusion vidéo, caméras de surveillance |
| NFC | Communication sans contact | NXP, Sony | Terminaux de paiement, cartes à puce pour les transports |
2. Pourquoi les litiges relatifs aux SEP se multiplient-ils dans des secteurs d'activité différents ?
Auparavant, les négociations de licences SEP se déroulaient exclusivement au sein du secteur des télécommunications. Les grands fabricants d'équipements de télécommunications détenaient chacun un grand nombre de brevets et prévenaient les litiges en concluant des accords de licences croisées (contrats permettant l'utilisation réciproque des brevets). Grâce à cette relation de « réciprocité », les SEP étaient considérées comme un « problème interne » au secteur des télécommunications.
Cependant, l'essor rapide de l'IoT a bouleversé cette donne. Aujourd'hui, tous les produits sont connectés à Internet, et le nombre de produits équipés de modules de communication (Wi-Fi, Bluetooth, LTE, etc.) connaît une croissance explosive. Les « voitures connectées » (connected cars) connectées en permanence à Internet, les appareils médicaux synchronisés avec les smartphones, les capteurs IoT surveillant en temps réel les chaînes de production dans les usines : tous ces éléments peuvent faire l'objet de brevets SEP.
Les faiblesses structurelles des fabricants issus d'autres secteurs
Les fabricants n'issus pas du secteur des télécommunications présentent trois faiblesses fatales face aux SEP. Premièrement, ne disposant pas d'un portefeuille de brevets liés aux télécommunications, ils n'ont aucun atout pour négocier des licences croisées. Deuxièmement, leur entreprise n'a pas accumulé d'expérience ni de connaissances en matière de négociation de licences SEP. Troisièmement, le coût des technologies de communication n'étant pas intégré dans la structure des prix de leurs produits, le poids des redevances de licence pèse directement sur leurs bénéfices.
Comme pour exploiter ces faiblesses structurelles, on assiste à une explosion mondiale des cas où les détenteurs de SEP ou les PAE (Patent Assertion Entity, ou « chasseurs de brevets ») réclament des redevances de licence aux fabricants d'autres secteurs.
Exemple : les voitures connectées et les litiges relatifs aux SEP
L'industrie automobile se trouve en première ligne des litiges relatifs aux SEP. Les voitures connectées sont équipées de modules 4G/5G qui permettent de mettre en œuvre des fonctions telles que la communication entre véhicules (V2V), la communication entre véhicules et infrastructures (V2I) et la télématique. Les grandes sociétés détentrices de brevets de communication sollicitent directement les constructeurs automobiles pour négocier des licences et ont tendance à cibler les constructeurs de véhicules finis (OEM) plutôt que les équipementiers (fournisseurs de premier rang).
En effet, cela leur permet de facturer des redevances plus élevées en calculant celles-ci sur la base du prix de vente du véhicule fini. L'argument selon lequel le taux de redevance doit s'appliquer au prix total du véhicule plutôt qu'au prix du module de communication seul constitue une menace majeure pour les constructeurs automobiles.
3. Que sont les conditions FRAND ?
Dans la mesure où les SEP sont incontournables, les titulaires de brevets risquent de se retrouver en position de monopole. C'est pourquoi les organismes de normalisation imposent aux détenteurs de SEP l'obligation d'accorder des licences selon des conditions FRAND (Fair, Reasonable and Non-Discriminatory). Il s'agit d'un engagement fondé sur la « déclaration FRAND » que les détenteurs de SEP doivent faire lorsqu'ils participent au processus de normalisation.
Fair (équité)
Les conditions de licence doivent être équitables. Ce principe stipule que le titulaire du brevet ne doit pas abuser de l’« effet de verrouillage » résultant de l’intégration du brevet dans la norme pour exiger des redevances injustifiées. Le niveau de prix qui aurait été fixé dans un contexte concurrentiel avant l’élaboration de la norme (valeur ex ante) sert de référence. En d’autres termes, les conditions doivent correspondre à la valeur intrinsèque de la technologie telle qu’elle aurait été déterminée par comparaison avec des technologies alternatives avant son adoption dans la norme.
Reasonable (raisonnable)
Les redevances doivent être d'un niveau raisonnable. Concrètement, il faut tenir compte du fait que le taux de redevance doit être proportionnel à la contribution technique du brevet, qu'il ne doit pas exercer de pression excessive sur l'activité du licencié et que le montant cumulé des redevances (somme totale versée à plusieurs détenteurs de brevets essentiels) ne doit pas dépasser la marge bénéficiaire du produit.Lorsqu'un tribunal calcule les redevances FRAND, il peut recourir à des contrats de licence comparables (comparable licenses) ou à une approche descendante (top-down approach) (méthode consistant à calculer la part de contribution d'un portefeuille de brevets individuel à partir des redevances cumulées de l'ensemble du secteur).
Non-Discriminatory (non discriminatoire)
La licence doit être proposée à des conditions équivalentes et sans discrimination à tous les licenciés se trouvant dans une situation similaire. Il n'est pas permis de proposer des conditions avantageuses uniquement aux grandes entreprises, ni d'exiger des redevances injustement élevées à l'encontre d'entreprises de certains pays ou de certains secteurs. Toutefois, des différences de conditions liées à l'ampleur de la licence (volume des expéditions) ou à la taille de l'entreprise peuvent être admises dans une mesure raisonnable.
Problème de « hold-up »
Le problème du « hold-up » est à l'origine de l'importance accordée aux conditions FRAND. Il s'agit d'une pratique par laquelle le détenteur d'un brevet essentiel (SEP) tire parti de l'avantage de négociation qu'il a acquis grâce à l'adoption de la norme pour exiger des redevances de licence très élevées, dépassant largement les conditions FRAND, ou pour faire pression en brandissant la menace d'une action en cessation (ordonnance judiciaire interdisant la fabrication ou la vente de produits) afin de mener les négociations à son avantage.
Modèle typique de hold-up
Un cas typique est celui où le détenteur d'un SEP dépose une demande d'injonction, brandit la menace d'une suspension des ventes du produit, puis propose un taux de redevance dépassant largement le niveau FRAND. La partie défenderesse se voit alors contrainte d'accepter des conditions abusivement élevées afin d'éviter les dommages liés à la suspension des ventes (perturbation de la chaîne d'approvisionnement, pénalités envers les clients, atteinte à l'image de marque).Bien que le droit européen de la concurrence et la jurisprudence allemande imposent certaines restrictions aux demandes d'interdiction formulées par des titulaires de brevets ayant fait une déclaration FRAND, celles-ci ne sont pas totalement exclues.
Cumul des redevances
Un autre problème grave est celui du « cumul des redevances » (Royalty Stacking). Il peut exister des dizaines, voire des centaines de détenteurs de SEP pour une même norme technique. Si chaque détenteur de SEP réclame des redevances individuellement, le montant total (redevances cumulées) risque de représenter une part déraisonnablement élevée du prix du produit.
La réalité du cumul des redevances
Par exemple, plusieurs dizaines de milliers de déclarations de SEP ont été faites pour la norme 5G. Si chaque détenteur de SEP réclamait une redevance de 0,5 % du prix du produit, le total des paiements à l'ensemble des détenteurs atteindrait, selon les calculs, plusieurs dizaines de pour cent du prix du produit.Afin d'éviter un tel « cumul », une approche (approche descendante) consistant à fixer un taux de redevance cumulé (aggregate royalty rate) raisonnable pour l'ensemble du secteur, puis à répartir la part de chaque détenteur sur cette base, est actuellement à l'étude.
4. Déroulement et pratique des négociations de licence
Les négociations de licence relatives aux SEP se déroulent généralement selon les étapes suivantes. Il est extrêmement important de bien comprendre les points à prendre en compte à chaque étape afin d'éviter des conditions abusives.
Étape 1 : Réception d'une lettre de mise en demeure (offre de licence)
Dans la plupart des cas, le processus débute par la réception d'une lettre (lettre de mise en demeure ou lettre d'offre de licence) émanant du détenteur du SEP (ou de son mandataire, tel qu'une société de gestion de licences ou un pool de brevets), sollicitant des négociations de licence. Cette lettre contient des informations spécifiques sur le SEP concerné, les produits visés et un résumé des conditions de licence proposées.
Point important : à ce stade, le plus important est de consigner correctement la réception de la lettre et de consulter rapidement un expert (conseiller en propriété industrielle ou avocat). La date de réception peut revêtir une importance particulière dans le cadre de procédures judiciaires ultérieures.
Étape 2 : Signature d'un accord de confidentialité (NDA) et divulgation d'informations
Avant d'entamer véritablement les négociations de licence, il est courant que les deux parties concluent un accord de confidentialité (NDA, Non-Disclosure Agreement). Cela permet de protéger les secrets d'affaires et les informations techniques divulgués au cours des négociations (documents d'analyse des revendications de brevet, détails des conditions de licence, données de chiffre d'affaires, etc.).
Point important : la portée de l'accord de confidentialité doit être examinée avec soin. Un accord de confidentialité trop large peut jouer en votre défaveur lors d'un éventuel litige ultérieur. De plus, la portée de l'accord peut parfois être limitée afin d'empêcher l'utilisation des informations obtenues lors de négociations avec d'autres détenteurs de brevets essentiels (SEP).
Étape 3 : Vérification du tableau des revendications et analyse technique
Le « tableau des revendications » présenté par le détenteur du SEP est un tableau de correspondance indiquant à quels éléments techniques du produit concerné correspondent les revendications (étendue des droits) du brevet. Cette vérification est au cœur des négociations et nécessite d'examiner minutieusement les points suivants :
- Le brevet en question est-il réellement « indispensable à la norme » (Essentiality Check) ?
- Les éléments constitutifs des revendications du brevet sont-ils mis en œuvre dans nos propres produits ?
- La validité du brevet (n'existe-t-il pas de motif d'invalidité ?)
- La durée de validité du brevet n'est-elle pas arrivée à expiration ?
Étape 4 : Négociation des conditions de licence et conclusion du contrat
Sur la base de la vérification technique, nous entamons la négociation des conditions concrètes de la licence. Les principaux points de négociation sont les suivants :
- Taux de redevance : s'agit-il d'un pourcentage fixe du chiffre d'affaires (redevance courante) ou d'un montant fixe par unité ?
- Base de calcul des redevances : prix du produit fini ou prix du module de communication (problématique SSPPU)
- Portée géographique : licence mondiale ou limitée à certains pays
- Période couverte : existence et étendue des paiements rétroactifs (royalties passées)
- Champ d'application des produits : produits existants uniquement ou produits futurs également inclus
Points clés : lors des négociations, les contrats de licence comparables à ceux d'autres entreprises et les informations sur les références du secteur constituent des éléments de négociation importants. De plus, lorsqu'il existe un pool de brevets (mécanisme dans lequel plusieurs détenteurs de SEP gèrent conjointement un programme de licence), il est parfois possible d'obtenir une licence plus efficacement qu'au cours de négociations individuelles.
Risques liés à l'ignorance ou à la négligence (hold-out)
Le fait d'ignorer une lettre de mise en demeure ou de retarder indûment les négociations peut être considéré comme un « hold-out ». Le hold-out désigne le comportement du licencié consistant à éviter ou à retarder intentionnellement l'obtention d'une licence selon les conditions FRAND. En cas de hold-out avéré, les tribunaux ont tendance à accorder des injonctions, exposant ainsi l'entreprise au risque fatal d'une suspension de la vente de ses produits.La jurisprudence européenne a réaffirmé à plusieurs reprises l'importance de démontrer activement que l'on est un « titulaire de licence disposé (willing licensee) ».
5. Trois points auxquels les entreprises doivent prêter attention
Point 1 : la surdéclaration
Les détenteurs de brevets essentiels à une norme (SEP) déclarent leurs brevets comme « essentiels à la norme » auprès des organismes de normalisation. Cependant, dans la réalité, tous les brevets déclarés ne sont pas réellement indispensables à la mise en œuvre de la norme. C'est là que réside le problème de la « surdéclaration ».
Pourquoi la surdéclaration se produit-elle ?
Les déclarations auprès des organismes de normalisation reposent sur une « auto-déclaration » et ne font généralement pas l'objet d'un examen de la caractère indispensable par une tierce partie. Pour les détenteurs de SEP, le fait de déclarer un plus grand nombre de brevets comme SEP renforce leur pouvoir de négociation, ce qui les incite à déclarer même des brevets qui ne sont pas indispensables. Selon des études menées dans le secteur, il semblerait que seuls une partie des brevets déclarés soient réellement indispensables à la mise en œuvre de la norme.
Données relatives au taux d'indispensabilité
Selon plusieurs études universitaires et analyses réalisées par des organismes d'évaluation tiers (par exemple Fairfield Resources ou PA Consulting), la proportion de SEP déclarés qui sont effectivement jugés indispensables à la norme (taux d'indispensabilité) se situerait généralement entre 20 et 30 %. En d'autres termes, la taille du portefeuille de brevets revendiquée par les détenteurs de SEP pourrait dépasser largement le nombre réel de brevets indispensables. Ce fait constitue un argument de négociation extrêmement important lors des négociations de licence.
Point 2 : SSPPU (Smallest Salable Patent-Practicing Unit)
Le choix de la base (du critère) de calcul des redevances est un point extrêmement important. Le SSPPU (Smallest Salable Patent-Practicing Unit : unité minimale de mise en œuvre du brevet commercialisable) désigne la plus petite pièce ou le plus petit composant commercialisable mettant en œuvre la technologie brevetée.
Pourquoi la SSPPU est-elle un point litigieux ?
Prenons l'exemple d'une voiture connectée (prix de vente : plusieurs millions de yens) équipée d'un module de communication (prix : de quelques centaines à quelques milliers de yens). Si le détenteur du SEP applique le taux de redevance au prix total du véhicule, le montant de la redevance sera d'un ordre de grandeur supérieur à celui qui serait obtenu en l'appliquant au seul module de communication.Selon le principe du SSPPU, on peut faire valoir que la base de calcul des redevances doit être la plus petite pièce mettant en œuvre la technologie brevetée (dans ce cas, le module de communication). Toutefois, selon la jurisprudence américaine, il est parfois admis de prendre comme base le produit fini lorsque la technologie brevetée est le moteur de la demande pour l'ensemble du produit (Entire Market Value Rule), et la décision varie selon les cas.
Point 3 : Répartition des responsabilités au sein de la chaîne d'approvisionnement
Pour les fabricants qui achètent des modules de communication en tant que composants, les intègrent dans des produits finis et les commercialisent, la question de savoir « qui doit obtenir la licence SEP » est cruciale. Si le fournisseur de composants a déjà obtenu la licence, le fabricant du produit fini utilisant ce composant peut ne pas avoir besoin d'une licence supplémentaire (théorie de l'épuisement).
Points à noter concernant la chaîne d'approvisionnement
Cependant, dans la réalité, il n'est pas certain que le fournisseur ait obtenu une licence pour tous les SEP. De plus, il existe un conflit entre la position selon laquelle le détenteur d'un SEP peut exiger une licence de la part de toute entreprise à n'importe quel niveau de la chaîne d'approvisionnement (« licence pour tous ») et celle selon laquelle il ne devrait l'exiger qu'à un niveau spécifique (généralement le fabricant du produit fini).Les fabricants de produits finis devraient envisager d'inclure une clause d'indemnisation relative aux SEP dans leurs contrats d'approvisionnement en composants. Il est également important de vérifier régulièrement quelles licences de SEP détiennent les fournisseurs auprès desquels ils s'approvisionnent.
6. Avantages de la consultation d'un conseil en propriété industrielle et conclusion
Les questions relatives aux SEP et aux conditions FRAND relèvent d’un domaine où les aspects techniques, juridiques et commerciaux s’entrecroisent de manière complexe. Il est difficile d’y faire face en interne uniquement, et il est indispensable de consulter rapidement un expert afin de protéger les intérêts de l’entreprise.
Avantage n° 1 : possibilité de vérifier techniquement le caractère indispensable d'un SEP
En analysant minutieusement à la fois les revendications de brevet et les spécifications de la norme technique, le conseil en propriété industrielle peut vérifier si le SEP invoqué est réellement indispensable à la mise en œuvre de la norme. Il contribue à la rationalisation des redevances en signalant les risques de surdéclaration et en excluant des négociations de licence les brevets qui ne sont en réalité pas indispensables.
Avantage n° 2 : possibilité de négocier un niveau de redevances équitable sur la base des conditions FRAND
Les experts spécialisés dans les négociations de licences de SEP s'appuient sur les données de référence du secteur, les méthodes de calcul des redevances FRAND issues de la jurisprudence et les débats au sein du SSPPU pour définir des conditions de licence raisonnables pour l'entreprise. Ils peuvent également envisager diverses stratégies, telles que l'utilisation de pools de brevets ou la possibilité de licences croisées.
Avantage n° 3 : une réponse stratégique tenant compte des risques de litige
Si un litige relatif à un SEP ne peut être résolu par la négociation d'une licence, il peut déboucher sur une action en justice (demande d'injonction, demande de dommages-intérêts) ou un arbitrage. Dès la phase de négociation, le conseil en propriété industrielle anticipe les risques de litige et vous aide à conserver une position favorable en cas de procédure judiciaire en conservant de manière appropriée les traces de votre comportement en tant que « licencié de bonne foi ». Il vous conseille également sur le recours à une procédure de nullité de brevet et sur les possibilités de demande reconventionnelle.
Conclusion
À l'ère de l'IoT, la question des SEP ne concerne plus uniquement le secteur des télécommunications. Tous les fabricants de produits intégrant des fonctions de communication telles que le Wi-Fi ou le Bluetooth sont exposés aux risques liés aux licences SEP. Il est indispensable de bien comprendre les principes des conditions FRAND et de disposer d'une stratégie de négociation appropriée pour protéger les activités de l'entreprise.
Si vous recevez une lettre de mise en demeure concernant les SEP, ou si vos produits intègrent des normes de communication, nous vous recommandons vivement de consulter un expert avant que le problème ne s'aggrave. Une réponse appropriée est la clé pour éviter de devoir supporter des redevances de licence abusives et pour préserver la compétitivité de votre entreprise.
Consultation gratuite sur les SEP et les conditions FRAND
Pour
toute préoccupation relative aux SEP, qu'il s'agisse de négociations de licences de brevets essentiels à une norme, de réponse à des lettres de mise en demeure ou de vérification des conditions FRAND, veuillez consulter nos experts en propriété intellectuelle.
AUTEUR / Rédacteur
Takefumi Sugiura
Cabinet de propriété intellectuelle EVORIX / Avocat en propriété industrielle
Nous accompagnons nos clients issus d'un large éventail de secteurs (informatique, industrie manufacturière, start-ups, mode, médecine, etc.) depuis le dépôt de demandes de brevets, de marques, de dessins et modèles et de droits d'auteur jusqu'aux procédures de recours et aux litiges en matière de contrefaçon. Nous maîtrisons également les stratégies de propriété intellectuelle dans les domaines de pointe tels que l'IA, l'IoT, le Web3 et la FinTech. Membre de plusieurs organisations, notamment l'Ordre des avocats spécialisés en propriété industrielle du Japon, l'Association des avocats spécialisés en propriété industrielle d'Asie (APAA) et l'Association japonaise des marques (JTA).