Passer au contenu

Vue d'ensemble du système de conception indien.

1. Aperçu du système (objectif, autorité compétente, texte législatif de référence)

En Inde, la loi sur les dessins et modèles de 2000 (Designs Act, 2000) a été promulguée afin de protéger les dessins et modèles de produits industriels et autres. Cette loi, qui constitue une refonte complète de l'ancienne loi sur les dessins et modèles promulguée en 1911, est entrée en vigueur le 11 mai 2001.La loi sur les dessins et modèles a pour objectif de protéger non pas les aspects purement fonctionnels des produits, mais leur conception visuelle (aspect esthétique), afin d'encourager la création de designs de produits et d'empêcher leur imitation. Le système indien des dessins et modèles adopte le principe du « premier déposant » (first to file), selon lequel le premier déposant obtient le droit.

Ce système est géré par le Contrôleur général des brevets, des dessins et modèles et des marques (CGPDTM), qui relève du Département de la promotion de l'industrie et du commerce intérieur (DPIIT) du ministère du Commerce et de l'Industrie.Les demandes d'enregistrement de dessins et modèles sont acceptées par les offices des brevets (à Chennai, Mumbai, Delhi et Kolkata), mais c'est l'office des brevets de Kolkata (Bureau des dessins et modèles) qui est chargé principalement de l'examen et de l'enregistrement des dessins et modèles.

L'Inde est partie à la Convention de Paris et à l'Accord sur les ADPIC (Accord de l'OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce) dans le cadre international des droits de propriété intellectuelle, et reconnaît les revendications de priorité en matière de dessins et modèles fondées sur la Convention de Paris. En revanche, l'Inde n'étant pas partie à l'Arrangement de La Haye (système d'enregistrement international des dessins et modèles), il n'est pas possible de déposer une demande internationale de dessin ou modèle désignant l'Inde. Pour obtenir la protection d'un dessin ou modèle en Inde, il est nécessaire de déposer une demande directement en Inde (ou d'utiliser la priorité de Paris).

2. Définition des dessins et modèles pouvant faire l'objet d'une protection et conditions d'enregistrement

Définition du dessin ou modèle (Design) : selon l'article 2(d) de la loi indienne sur les dessins et modèles, un « dessin ou modèle » désigne les caractéristiques de forme, de contour, de motif, de décoration ou de combinaison de couleurs appliquées à la surface d'un produit (objet), qui, sur le produit fini, ont un attrait esthétique pour la vue (qu'il s'agisse de deux ou trois dimensions, de moyens artisanaux, mécaniques ou chimiques, et que l'ajout à l'objet soit intégré ou séparé).En d'autres termes, c'est le design extérieur des produits industriels, etc., qui fait l'objet de la protection. Il convient de noter qu'un design ne peut exister indépendamment du produit et doit toujours prendre la forme d'une application à un « objet » quelconque.

Conditions d'enregistrement : le dessin ou modèle faisant l'objet de l'enregistrement doit satisfaire aux conditions suivantes.

  • Nouveauté et originalité (Novelty & Originality) : le dessin ou modèle présenté doit être nouveau et original. Il ne doit avoir été ni publié ni divulgué auparavant dans aucun pays du monde (condition de nouveauté absolue). En d'autres termes, un dessin ou modèle qui a été publiquement divulgué ou utilisé en Inde ou à l'étranger avant le dépôt de la demande ne peut être enregistré. Un dessin ou modèle qui semble substantiellement identique à un dessin ou modèle antérieur, même s'il résulte d'une simple combinaison de plusieurs dessins ou modèles connus, sera également jugé dépourvu de nouveauté.

  • Caractère esthétique visible : le dessin ou modèle doit produire un effet esthétique par le biais de la vue sur le produit fini. Les éléments de conception qui ne sont pas visibles, tels que la forme de pièces invisibles de l'extérieur dans des conditions normales d'utilisation, ne peuvent pas faire l'objet d'une protection. De même, les formes et structures purement fonctionnelles (formes et principes illustrant la fonction ou la structure même du produit) n'entrent pas dans le champ d'application de la loi sur les dessins et modèles.Au regard de la loi sur les dessins et modèles, le design est avant tout un élément esthétique, et les caractéristiques techniques et fonctionnelles du produit ne sont pas protégées.

  • Ordres publics et bonnes mœurs : il est également exigé que le contenu du dessin ou modèle ne soit pas contraire aux ordres publics et aux bonnes mœurs. Par exemple, les dessins ou modèles qui portent atteinte à l'éthique ou aux sentiments du public, tels que les motifs socialement agressifs ou obscènes, se verront refuser l'enregistrement. De même, les dessins ou modèles susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l'ordre public ne sont pas admis.

  • Applicabilité industrielle : Bien que cela ne soit pas expressément stipulé dans la loi indienne sur les dessins et modèles, il est supposé, en pratique, que le dessin ou modèle s'applique à un produit pouvant être fabriqué en série à l'échelle industrielle. Par conséquent, les œuvres d'art pures (les œuvres d'art en tant que telles) qui ne sont pas des objets utilitaires relèvent du droit d'auteur et non du droit des dessins et modèles, et ne peuvent donc pas faire l'objet d'un enregistrement.

Exceptions à la perte de nouveauté : en principe, la divulgation avant le dépôt de la demande est interdite, mais la loi indienne sur les dessins et modèles prévoit des exceptions limitées à la perte de nouveauté. Par exemple, il existe une mesure de redressement selon laquelle la nouveauté n'est pas perdue si la demande est déposée dans les six mois suivant la divulgation, dans le cas d'une « exposition publique lors d'une exposition spécifique, etc. ». Cette mesure est limitée aux expositions publiques dans le cadre d'expositions internationales reconnues par le gouvernement et ne s'applique pas à une divulgation commerciale générale.

3. Dessins et modèles non enregistrables (exclusions)

Les dessins et modèles qui ne satisfont pas aux conditions d'enregistrement susmentionnées ne peuvent pas être enregistrés. L'article 4 de la loi indienne sur les dessins et modèles énumère les dessins et modèles non enregistrables suivants.

  • Absence de nouveauté et d'originalité : les dessins ou modèles identiques ou substantiellement similaires à des dessins ou modèles existants, et qui ne sont ni nouveaux ni originaux.

  • Divulgation ou utilisation antérieure : les dessins et modèles qui ont été rendus publics ou utilisés en Inde ou à l'étranger avant le dépôt de la demande.

  • Simple combinaison de dessins ou modèles connus : les dessins ou modèles constitués de dessins ou modèles connus ou de leurs combinaisons, et qui ne se distinguent pas des dessins ou modèles existants.

  • Motifs odieux ou illicites : les dessins et modèles obscènes, immoraux, scandaleux ou contraires aux bonnes mœurs.

En outre, conformément aux dispositions définitoires de la loi sur les dessins et modèles, les éléments qui ne relèvent pas de la notion de « dessin ou modèle » ne peuvent pas être enregistrés. Concrètement, les éléments suivants sont exclus :

  • Structure et fonction proprement dites : les modes de construction ou les principes de fonctionnement des produits eux-mêmes, ou les simples dispositifs mécaniques (formes ayant pour seule finalité de remplir une fonction) ne sont pas considérés comme des dessins ou modèles.

  • Marques et signes distinctifs : les marques telles que définies par la loi sur les marques, ainsi que les marques de propriété au sens du Code pénal indien (par exemple, les indications sur les produits permettant d'identifier leur propriétaire) ne peuvent pas être enregistrées en tant que dessins et modèles.

  • Œuvres artistiques : les œuvres artistiques (artistic work) telles que définies par la loi sur le droit d'auteur relèvent du droit d'auteur et non du droit des dessins et modèles, et ne peuvent donc pas être enregistrées en tant que dessins et modèles. Les peintures, sculptures et conceptions architecturales proprement dites entrent dans cette catégorie.

Comme indiqué ci-dessus, il convient de noter que les dessins et modèles purement fonctionnels ou ceux relevant d'autres régimes de protection juridique (marques, droits d'auteur, etc.) ne peuvent pas être enregistrés en tant que dessins et modèles en Inde.

4. Procédure de dépôt (documents requis, langue, format, frais)

Documents et informations à fournir : pour déposer une demande d'enregistrement de dessin ou modèle en Inde, il convient de remplir le formulaire prévu à cet effet (Form-1) et de joindre les documents et informations suivants.

  • Informations sur le déposant : nom (ou raison sociale) du déposant, adresse, nationalité, etc. En Inde, le déposant peut être non seulement l'inventeur (créateur) lui-même, mais également son cessionnaire (une société, par exemple). En cas de dépôt par l'intermédiaire d'un mandataire, une procuration (Power of Attorney) doit également être fournie.

  • Dénomination du dessin ou modèle : nom du produit (objet) pour lequel l'enregistrement est demandé. Indiquez de manière aussi précise que possible le nom du produit auquel le dessin ou modèle s'applique (par exemple : « étui pour smartphone », « chaise », etc.).

  • Classification : classe et sous-classe de la classification des dessins et modèles (classification de Locarno) applicables. L'Inde a adhéré à l'Arrangement de Locarno en 2019 et utilise depuis lors la classification internationale des dessins et modèles (classification de Locarno). Lors du dépôt de la demande, la classification est déterminée conformément à la dernière version du tableau de classification de Locarno (une classification par demande).En principe, une seule demande ne peut porter que sur un seul dessin ou modèle ; toutefois, les ensembles d'articles vendus habituellement comme un tout (par exemple, un service de couverts) peuvent faire l'objet d'une demande groupée en tant que « dessin ou modèle d'ensemble ».

  • Dessins ou photographies du dessin ou modèle : il convient de fournir des dessins ou des photographies représentant le dessin ou modèle. En règle générale, il faut préparer des vues des six faces du produit (face avant, face arrière, face supérieure, face inférieure, face latérale gauche et face latérale droite) ainsi que, si nécessaire, des vues en perspective (vues en trois dimensions).Dans le cas de dessins, il existe des règles concernant l'épaisseur des traits et la manière d'appliquer les ombres, mais la soumission de photographies est également autorisée. Les dessins ou photographies soumis doivent comporter un « résumé de la nouveauté » (Statement of Novelty) et, si nécessaire, une clause de non-responsabilité (disclaimer) précisant les éléments non couverts par le droit. Par exemple, si le dessin ou modèle comprend un logo ou des caractères, il est recommandé d'inclure une mention indiquant que « la partie textuelle n'est pas revendiquée en tant que dessin ou modèle », ou de préciser que le mécanisme des parties mobiles n'est pas inclus dans l'étendue du droit.Si vous revendiquez un dessin ou modèle partiel, vous devez l'indiquer clairement dans le dessin à l'aide de lignes pointillées, etc. (voir ci-dessous « Points à noter dans la pratique »).

  • Documents de priorité (Convention de Paris) : si une demande a déjà été déposée dans un État membre de la Convention de Paris, il est possible de revendiquer cette priorité. Pour revendiquer la priorité, la demande doit être déposée en Inde dans les six mois suivant la date de la première demande (si ce délai de six mois est dépassé, ne serait-ce que d'un jour, le bénéfice de la priorité ne peut être obtenu).Au moment du dépôt, il est nécessaire de fournir les documents de priorité (copie de la publication ou de la demande initiale) ainsi que leur traduction en anglais (si la langue d'origine n'est pas l'anglais). Les documents de priorité peuvent être fournis a posteriori dans un délai de trois mois à compter du dépôt, mais cela nécessite alors une demande de prolongation et le paiement de frais supplémentaires. De plus, lorsque la priorité est fondée sur une demande déposée aux États-Unis, par exemple, et que le déposant n'est pas le créateur, un certificat de cession émanant du créateur peut être exigé.

  • Certificat de petite entreprise ou de start-up : en Inde, les déposants relevant de la catégorie des petites entreprises (Small Entity) ou des start-ups peuvent bénéficier d'une réduction des taxes. Le cas échéant, il est nécessaire de présenter une déclaration sous serment (Formulaire 24, etc.) lors du dépôt de la demande afin de prouver ce statut (en l'absence de cette déclaration, le déposant sera traité comme une grande entreprise).

Langue : les documents de la demande peuvent être rédigés en anglais ou en hindi. Toutefois, dans la pratique, les échanges avec l'examinateur et les documents étant presque exclusivement en anglais, il est courant de les préparer en anglais. Bien que l'Office indien des brevets propose un service de traduction vers l'anglais, il est recommandé de fournir des documents en anglais pour faciliter le déroulement de la procédure.

Exigences de forme : les demandes de dessin ou modèle en Inde peuvent également être déposées en ligne (e-filing) depuis 2015. Les dessins et photographies doivent être disposés sur le format A4 prescrit, et une description (nom de la vue) doit être ajoutée pour chaque figure.Pour représenter un dessin ou modèle partiel, il est admis d'indiquer les parties non protégées par des lignes pointillées ou en pointillés, et de ne tracer en trait plein que les parties pour lesquelles la protection est demandée. Une demande porte sur un seul dessin ou modèle (un seul produit), mais dans le cas d'un « dessin ou modèle d'ensemble », il est possible de déposer une demande pour l'ensemble du lot en tant qu'un seul dessin ou modèle. Il existe également le principe « une demande, une classe » : les produits relevant de classifications différentes doivent faire l'objet de demandes distinctes.

Frais : des taxes officielles sont dues au moment du dépôt de la demande. En Inde, les frais varient en fonction du statut du déposant ; pour les particuliers, les petites entreprises et les start-ups, ils sont limités à 25 % de ceux des grandes entreprises (soit une réduction de 75 %). Par exemple, les frais de dépôt pour un nouveau dessin ou modèle s’élèvent à 1 000 roupies pour les particuliers/petites entreprises, etc., et à 4 000 roupies pour les grandes entreprises (en cas de dépôt électronique).En outre, des frais sont fixés pour chaque étape, notamment en cas de revendication de priorité, d'ajout de dessins, de prolongation de délai, ainsi que pour les frais d'enregistrement et de renouvellement. Le paiement s'effectue via le système de paiement en ligne de l'Office indien des brevets ou par l'intermédiaire d'une banque désignée. Si vous faites appel à un mandataire, des frais de mandataire s'ajoutent, mais les frais administratifs proprement dits sont relativement peu élevés.

5. Déroulement de la procédure d'examen et d'enregistrement (examen de forme, examen de fond, notification des motifs de rejet, etc.)

Types d'examen : après le dépôt de la demande, un examen formel (Formal Examination) est d'abord effectué afin de vérifier l'exhaustivité des documents requis et le respect des conditions de forme. La présentation des dessins, les omissions dans la demande, l'attribution d'une classification appropriée et la confirmation du paiement des taxes sont vérifiées à ce stade, et des instructions de correction sont émises en cas d'irrégularités. Une fois les conditions de forme remplies, la procédure passe à l'examen quant au fond (Substantive Examination).Lors de l'examen quant au fond, l'examinateur détermine si le dessin ou modèle répond à la définition prévue par la loi sur les dessins et modèles et aux conditions d'enregistrement (nouveauté, caractère distinctif, respect des bonnes mœurs, etc.). En Inde, il n'est pas nécessaire de demander l'examen d'une demande de dessin ou modèle ; celle-ci est automatiquement soumise à examen après le dépôt.

Résultat de l'examen et suite de la procédure : si l'examen quant au fond ne révèle aucun problème au regard des conditions d'enregistrement, une décision d'enregistrement est rendue et le dessin ou modèle est enregistré par le contrôleur.En revanche, si l'examinateur constate des motifs de rejet, un avis de rejet (First Examination Report, FER) est notifié par écrit au déposant. Cet avis expose concrètement les raisons pour lesquelles l'enregistrement a été jugé impossible (par exemple, « similitude avec un dessin ou modèle existant », « non-conformité à la définition du dessin ou modèle », etc.).

Le déposant doit, dans les trois mois suivant la réception de la notification, soumettre un mémoire ou un acte de modification en réponse aux observations de l'examinateur afin de remédier aux points soulevés. Il peut également, dans ce même délai, demander une audition (hearing) afin d'avoir la possibilité de présenter ses arguments oralement. Ce délai de réponse de trois mois peut, avec l'autorisation de l'examinateur, être prolongé (grâce à un sursis) de trois mois au maximum.Quoi qu’il en soit, si le dessin ou modèle n’atteint pas le « statut d’acceptation » dans les six mois à compter de la date de dépôt, la demande est considérée comme abandonnée (retirée). Il est donc nécessaire de répondre rapidement à la notification des motifs de rejet. Si le déposant ne répond pas dans le délai imparti, la demande est réputée abandonnée (rejetée) et la procédure prend fin.

En cas de demande d'audition, une audience avec l'examinateur (ou l'examinateur principal) est organisée et le résultat de l'examen est réexaminé à l'issue des plaidoiries. Si les motifs de rejet sont finalement levés, l'enregistrement est autorisé ; dans le cas contraire, une décision de rejet (décision de refus d'enregistrement) est rendue.Le déposant qui conteste cette décision de rejet peut interjeter appel (recours en annulation) auprès de la Haute Cour compétente (généralement la Haute Cour de Calcutta) dans un délai de trois mois à compter de la date de notification de la copie de la décision. En Inde, l'Agence spécialisée en propriété intellectuelle (IPAB) ayant été supprimée en 2021, il n'existe actuellement aucun recours administratif tel qu'une procédure d'appel contre un rejet ; le recours est donc de nature judiciaire (saisine directe de la Haute Cour).

Durée de l'examen : L'examen des demandes de dessin ou modèle en Inde est relativement rapide, et les premiers résultats sont généralement communiqués dans un délai moyen de 6 à 9 mois. Ces dernières années, l'Office indien de la propriété intellectuelle s'est efforcé d'accélérer les procédures d'examen, et il n'est pas rare que l'enregistrement soit obtenu en moins d'un an si les démarches sont effectuées correctement. Toutefois, le délai peut être plus long en fonction de la manière dont les motifs de rejet sont traités et de la charge de travail des examinateurs.

6. Mécanisme de publication, d'opposition et d'enregistrement

Enregistrement et publication : Une fois l'examen passé, le dessin ou modèle est inscrit au registre des dessins et modèles. Simultanément à l'enregistrement, les informations relatives au dessin ou modèle sont publiées au Journal officiel (Journal des dessins et modèles) et rendues publiques.La publication de l'enregistrement comprend les dessins ou photographies du dessin ou modèle, le nom du déposant, la date d'enregistrement, la désignation de l'objet et la classification. Une fois l'enregistrement finalisé, un certificat d'enregistrement (Certificate of Registration) est délivré au titulaire du droit (titulaire du droit sur le dessin ou modèle). Ce certificat mentionne le numéro d'enregistrement, la date d'enregistrement et la durée de validité, et sert de preuve pour l'exercice ultérieur du droit.Une fois publiés, les détails des dessins et modèles enregistrés peuvent être consultés par tout un chacun, notamment dans la base de données de l'Office indien des brevets, et l'existence du droit sur le dessin ou modèle devient de notoriété publique. Il convient de noter que le système indien actuel ne prévoit pas de régime de dessin ou modèle confidentiel (système de non-publication après enregistrement) comme au Japon, et que tous les dessins et modèles enregistrés sont immédiatement rendus publics.

Système d'opposition : le système indien des dessins et modèles ne prévoit pas de procédure d'« opposition » avant l'enregistrement. En d'autres termes, il n'existe pas de système permettant à des tiers de former opposition pendant une période déterminée avant ou après l'enregistrement, comme c'est le cas pour les brevets. En revanche, une procédure de nullité (Cancellation) est prévue après l'enregistrement.

Procédure d'annulation après enregistrement (Cancellation) : toute « partie intéressée » (tiers ayant un intérêt en la matière) peut à tout moment demander l'annulation (invalidation) d'un dessin ou modèle enregistré. La demande d'annulation doit être déposée auprès de l'Office des dessins et modèles à l'aide du formulaire prévu à cet effet (Form-8). La compétence pour l'examen de la demande d'annulation revient à l'Office des brevets de Kolkata (Office des dessins et modèles), qui gère le registre des dessins et modèles.

Les motifs d'annulation (causes d'annulation) sont définis à l'article 19 de la loi sur les dessins et modèles comme suit :

  • Le dessin ou modèle est déjà enregistré en Inde (absence de nouveauté)

  • Le dessin ou modèle a été divulgué ou utilisé publiquement en Inde ou à l'étranger avant la date d'enregistrement (perte de nouveauté par divulgation ou utilisation publique)

  • Le dessin ou modèle n'est ni nouveau ni original (absence de caractère créatif)

  • Le dessin ou modèle ne remplit pas les conditions d'enregistrement prévues par la loi sur les dessins et modèles (par exemple : forme purement fonctionnelle, atteinte aux bonnes mœurs, etc.)

  • Le dessin ou modèle ne correspond pas à la définition du terme « dessin ou modèle » telle qu'énoncée à l'article 2, point d), de la loi sur les dessins et modèles (enregistrement d'un élément qui n'est pas un dessin ou modèle)

Le demandeur en nullité doit, en même temps que sa requête, produire des preuves à l'appui de ces motifs ainsi qu'une déclaration attestant qu'il est une « partie intéressée ». Lorsque l'Office des dessins et modèles (le contrôleur) accepte la requête, il en transmet une copie au titulaire du droit sur le dessin ou modèle, qui peut alors présenter une contre-déclaration et des preuves dans un délai déterminé (généralement un mois, prolongeable jusqu'à trois mois si nécessaire).Le requérant a ensuite la possibilité de présenter une nouvelle réplique, après quoi, à l'issue d'une procédure écrite ou orale, le Contrôleur rend une décision quant au maintien ou à l'annulation de l'enregistrement. Si l'une des parties n'est pas satisfaite de la décision du Contrôleur, elle peut interjeter appel devant la Haute Cour.

Comme indiqué ci-dessus, en Inde, le litige relatif aux droits se déroule sous la forme d'une procédure d'annulation après l'enregistrement du dessin ou modèle, et il est caractéristique qu'aucune intervention de tiers par le biais d'une opposition ne soit possible avant l'enregistrement. Par conséquent, si un concurrent a enregistré un dessin ou modèle litigieux, il faudra engager une procédure d'annulation après l'enregistrement. Il est d'ailleurs recommandé, dans la pratique, de surveiller régulièrement le bulletin des enregistrements de dessins et modèles afin de vérifier les tendances en matière d'enregistrement chez les concurrents.

7. Durée de validité des droits et système de renouvellement

La durée de validité d'un droit de dessin ou modèle en Inde est, en principe, fixée à 10 ans à compter de la date de dépôt (ou de la date de priorité la plus ancienne en cas de revendication de priorité) (article 11 de la loi sur les dessins et modèles). Cela signifie que le droit expire 10 ans après la date d'enregistrement (qui est considérée comme la date de dépôt).Si l'on souhaite prolonger la durée de validité, un renouvellement (prolongation) unique est possible ; en suivant la procédure prévue, la durée de validité peut être prolongée de 5 ans supplémentaires (jusqu'à 15 ans au total). La durée maximale de validité est donc de 15 ans à compter de la date de dépôt. Contrairement au Japon et aux États-Unis, l'Inde n'autorise pas de prolongation ou de renouvellement au-delà de cette durée, et le droit expire au bout de 15 ans.

Procédure de renouvellement : en déposant une demande de renouvellement (demande de prolongation) et en acquittant les taxes de renouvellement prescrites avant l'expiration des 10 premières années, une prolongation de 5 ans supplémentaires est accordée. La demande de prolongation peut être déposée à tout moment avant l'expiration de la durée de validité de l'enregistrement, mais elle est généralement effectuée à l'approche de la date d'expiration. Toutefois, il est également possible de s'acquitter immédiatement des taxes de prolongation dès l'enregistrement afin de garantir les 5 années supplémentaires.Les frais de renouvellement varient selon la catégorie du déposant : 2 000 roupies pour les particuliers et les petites entreprises, et 8 000 roupies pour les autres (grandes entreprises).

Extinction et rétablissement des droits : si aucune procédure de prolongation n'est engagée avant l'expiration du délai de 10 ans, l'enregistrement du dessin ou modèle prend fin (extinction des droits) à l'échéance. Toutefois, même après l'extinction, il est possible de rétablir le droit sur le dessin ou modèle en déposant une demande de rétablissement (Restoration) dans un délai d'un an. Pour demander le rétablissement, il convient de déposer le formulaire de demande de rétablissement prévu à cet effet dans un délai d'un an à compter de l'extinction et de s'acquitter des frais de rétablissement en plus des frais de prolongation impayés.Le formulaire de demande doit mentionner les raisons pour lesquelles le renouvellement n'a pas pu être effectué dans les délais. Si un motif valable est reconnu, la restauration est autorisée à la discrétion de l'examinateur, et le droit sur le dessin ou modèle est considéré comme ayant continué d'exister sans interruption (aucun droit n'est conféré à des tiers). Toutefois, comme il n'y a aucune garantie que la restauration soit accordée, il est important de veiller à effectuer le renouvellement dans les délais impartis.

8. Exercice des droits et réponse aux violations (mesures de redressement, dommages-intérêts, demande d'interdiction)

Effets du droit sur les dessins et modèles : un dessin ou modèle enregistré donne naissance à un droit sur les dessins et modèles (Design Copyright), qui confère le droit exclusif d'exploiter le dessin ou modèle concerné. Le titulaire du droit sur les dessins et modèles peut interdire de manière exclusive l'application sans autorisation du dessin ou modèle enregistré ou d'un dessin ou modèle similaire à un produit. Concrètement, les actes suivants, effectués sans l'autorisation du titulaire du droit sur les dessins et modèles, constituent une contrefaçon (Piracy of a Registered Design) :

  • Fabriquer et vendre des produits (articles) sur lesquels est appliqué le dessin ou modèle enregistré ou un dessin ou modèle pratiquement identique.

  • Vendre, détenir à des fins de vente, importer ou exporter des produits sur lesquels est appliqué le dessin ou modèle enregistré (ou une imitation de celui-ci).

  • Toute autre utilisation commerciale non autorisée d'un dessin ou modèle enregistré.

L'article 21 de la loi indienne sur les dessins et modèles considère les actes d'utilisation non autorisée susmentionnés comme une contrefaçon et les interdit. En cas de contrefaçon, le titulaire du droit sur le dessin ou modèle peut demander à l'auteur de la contrefaçon une injonction civile et des dommages-intérêts.

Recours civils : en vertu de l'article 22 de la loi indienne sur les dessins et modèles, le titulaire du droit peut demander les mesures suivantes à l'encontre du contrevenant.

  • Demande d'injonction : il est possible de saisir le tribunal afin d'obtenir une ordonnance d'injonction ordonnant la cessation immédiate des actes de contrefaçon et l'interdiction de toute contrefaçon future. Si le tribunal accorde l'injonction, la fabrication, la vente et l'importation des produits contrefaits peuvent être immédiatement suspendues.

  • Demande de dommages-intérêts : il est possible de demander, par voie judiciaire, la réparation du préjudice financier causé par la contrefaçon. Il peut parfois être difficile de prouver le montant réel du préjudice, mais même dans ce cas, le tribunal ordonnera le versement d'une indemnité qu'il jugera équitable. De plus, bien que la loi sur les dessins et modèles ne prévoie pas de dispositions aussi détaillées que la loi sur les brevets en matière de calcul du montant des dommages-intérêts, la jurisprudence établit que le montant de l'indemnisation est fixé en tenant compte, entre autres, du manque à gagner.

  • Dommages-intérêts forfaitaires (demande pécuniaire) : il s'agit d'un système propre à l'Inde qui permet au titulaire du droit de dessin ou modèle de réclamer à l'auteur de la contrefaçon une somme forfaitaire (dommages-intérêts forfaitaires) sans passer par une procédure judiciaire. Concrètement, le titulaire du droit de dessin ou modèle peut percevoir jusqu'à 25 000 roupies auprès de l'auteur de la contrefaçon pour chaque acte de contrefaçon, avec toutefois un plafond cumulé de 50 000 roupies par dessin ou modèle.Ce système vise à permettre un règlement sur la base d'un montant forfaitaire lorsque la preuve du montant du préjudice est difficile à établir ; toutefois, il est admis que le choix de cette demande pécuniaire exclut la possibilité d'intenter une action en dommages-intérêts distincte (il s'agit en quelque sorte d'une mesure de redressement simplifiée de type transactionnel).

  • Mesures accessoires : en cas d'obtention d'une ordonnance de cessation, le tribunal peut ordonner des mesures de redressement supplémentaires, telles que la saisie ou la destruction des produits contrefaits et des équipements de fabrication, ou la publication d'un avis de contrefaçon (à la discrétion du tribunal).

Sanctions pénales : La loi indienne sur les dessins et modèles ne prévoit pas de sanctions pénales comme c'est le cas au Japon. La contrefaçon d'un droit sur un dessin ou modèle est fondamentalement considérée comme un litige civil, et il n'existe aucune disposition prévoyant des poursuites pénales (amendes, peines d'emprisonnement, etc.) à l'encontre du contrefacteur*. Par conséquent, l'exercice des droits s'effectue par le biais d'une action civile.(*Toutefois, le fait pour un tiers de copier intentionnellement et sans autorisation un dessin ou modèle acquis par le titulaire du droit et de commercialiser des produits sur cette base peut être passible de sanctions pénales en vertu d'autres lois, telles que la doctrine de la concurrence déloyale ; la loi sur les dessins et modèles elle-même ne contient toutefois aucune disposition pénale.)

Compétence : Les actions en contrefaçon de droit de dessin ou modèle sont portées devant la Haute Cour de l'État ou devant un tribunal de première instance, en fonction du montant du préjudice subi. La Haute Cour de Delhi, ainsi que les Hautes Cours des principales villes, disposent de divisions spécialisées en propriété intellectuelle, et il existe des précédents où des litiges en contrefaçon de dessin ou modèle ont été portés devant les tribunaux indiens entre des entreprises de pays étrangers. Le certificat d'enregistrement constitue une preuve prima facie (preuve prima facie) d'un droit valide et constitue un élément de poids pour étayer la validité de l'enregistrement lors d'un procès.Dans le cadre d'une action en contrefaçon, le défendeur (le contrefacteur) peut invoquer la nullité en faisant valoir que « le dessin ou modèle ne mérite pas d'être enregistré (par exemple, en raison d'un manque de nouveauté) », mais la charge de la preuve incombe en principe au défendeur. En outre, pour prouver la contrefaçon, une comparaison est effectuée afin de démontrer que le produit contrefait est « visuellement et substantiellement identique » au dessin ou modèle enregistré. Si les différences sont minimes et que le produit donne une impression substantiellement identique, la contrefaçon peut être reconnue.

9. Système de dépôt international (relation avec le système de La Haye, traitement des déposants étrangers)

Comme indiqué précédemment, l'Inde n'est pas partie à l'Arrangement de La Haye. Par conséquent, il n'est pas possible d'obtenir directement un droit de dessin ou modèle en Inde par le biais d'une demande internationale de dessin ou modèle déposée à La Haye. Si une entreprise ou un créateur étranger souhaite obtenir la protection d'un dessin ou modèle en Inde, il doit déposer une demande nationale directement auprès de l'Office indien des brevets. Toutefois, l'Inde étant partie à la Convention de Paris, il est possible de revendiquer la priorité dans le cadre d'une demande indienne, à condition que celle-ci soit déposée dans les six mois suivant la date de la première demande de dessin ou modèle déposée dans le pays d'origine (étranger).Dans ce cas, l'appréciation de la nouveauté s'effectue par rapport à la date de priorité, et le fait que le dessin ou modèle ait été divulgué après le dépôt de la demande dans le pays d'origine ne constitue pas un inconvénient. Par conséquent, les déposants étrangers peuvent obtenir leurs droits sans difficulté en déposant une demande en Inde dans les six mois suivant le dépôt de leur demande dans leur pays d'origine. À l'inverse, passé ce délai de six mois, il n'est plus possible de revendiquer la priorité et il faut satisfaire seul aux critères de nouveauté au moment du dépôt.

Traitement des déposants étrangers : les entreprises et les particuliers étrangers peuvent sans problème déposer et enregistrer un dessin ou modèle en Inde. La législation indienne applique le principe de non-discrimination entre nationaux et étrangers (traitement national conformément à l'Accord sur les ADPIC). Toutefois, les déposants qui n'ont pas d'adresse en Inde doivent désigner une adresse de notification (Address for Service) en Inde. En général, c'est un mandataire indien (conseil en propriété industrielle ou avocat) qui en fait office.De plus, dans la pratique, il est difficile d'effectuer directement une demande auprès de l'Office indien des brevets depuis l'étranger ; il est donc courant de faire appel à un mandataire indien en brevets. En Inde, les personnes titulaires d'une qualification de mandataire en brevets peuvent également représenter leurs clients dans les procédures relatives aux dessins et modèles, et les mandataires en marques ainsi que les cabinets d'avocats traitent également les demandes de dessins et modèles. Il est souhaitable de mettre en place un système de collaboration continue avec un mandataire local, depuis le dépôt de la demande jusqu'à l'enregistrement, et même en cas de contrefaçon.Par ailleurs, bien que les documents de dépôt puissent être rédigés par des étrangers, les notifications de l'examinateur étant émises en anglais, le soutien d'un expert local est utile pour assurer la communication technique.

Participation à des salons internationaux : comme indiqué précédemment, l'Inde applique les dispositions de la Convention de Paris et prévoit une exception selon laquelle un dessin ou modèle ne perd pas sa nouveauté s'il est déposé dans un délai de six mois à compter de sa divulgation lors de certaines expositions internationales. Par conséquent, lorsque des entreprises japonaises, par exemple, exposent de nouveaux produits lors d'un salon international avant de pénétrer le marché indien, il est important, dans la mesure du possible, de déposer la demande de dessin ou modèle au préalable ou, au plus tard, dans les six mois suivant l'exposition.Cette exception est appliquée de manière stricte et le champ des expositions reconnues est limité.

Coopération internationale : ces dernières années, l'Inde a également pris des mesures en faveur de l'harmonisation internationale de son système de dessins et modèles, et a adhéré à l'Arrangement de Locarno (classification des dessins et modèles) en 2019, introduisant ainsi la classification internationale.De plus, l'adhésion à l'Arrangement de La Haye est à l'étude depuis de nombreuses années, et les préparatifs avancent, comme en témoigne l'échange d'informations avec l'USPTO sur le système de La Haye en 2024. Si l'Inde adhérait à l'Arrangement de La Haye à l'avenir, il serait alors possible de désigner l'Inde dans le cadre d'une demande internationale ; toutefois, comme elle n'y a pas encore adhéré en 2025, la prudence est de mise.

10. Points à prendre en compte dans la pratique (recherche d'antériorité, intervention d'un mandataire, pratiques locales)

Importance de la recherche d'antériorité : les demandes de dessin ou modèle en Inde exigent une nouveauté absolue ; il est donc nécessaire que le dessin ou modèle n'ait jamais été publié nulle part dans le monde. Il est donc essentiel de mener une recherche approfondie sur les antériorités nationales et étrangères avant le dépôt de la demande. L'Office indien des brevets propose un service de recherche dans sa base de données des dessins ou modèles publiés, et il est également possible de consulter les dessins ou modèles enregistrés en Inde via la base de données mondiale des dessins et modèles de l'OMPI.Il est particulièrement recommandé de vérifier s'il n'existe pas de dessins ou modèles déjà connus en Europe, aux États-Unis ou en Chine, et d'évaluer au préalable si le dessin ou modèle de votre entreprise présente la nouveauté et le caractère individuel requis. Certaines entreprises demandent également à l'Office japonais des brevets de réaliser une recherche de dessins et modèles (incluant les dessins et modèles étrangers) avant de déposer leur demande en Inde. En l'absence de nouveauté, non seulement la demande sera rejetée, mais il existe également un risque de contestation de la validité après l'enregistrement ; il est donc essentiel de ne pas négliger la recherche préalable.

Intervention d'un mandataire : lorsque des entreprises ou des particuliers étrangers souhaitent enregistrer un dessin ou modèle en Inde, le soutien d'un expert local (mandataire en brevets ou avocat spécialisé en propriété intellectuelle) est pratiquement indispensable. En effet, outre les problèmes linguistiques et procéduraux, il est nécessaire de maîtriser les règles de rédaction des dessins propres à l'Inde ainsi que le savoir-faire en matière d'arguments juridiques. Par exemple, la mention de la nouveauté sur les dessins ou la manière de représenter les dessins partiels nécessitent une certaine familiarité.En Inde, seuls les agents de brevets agréés peuvent exercer des activités de représentation en matière de brevets et de dessins et modèles (il n'existe pas de qualification spécifique pour les agents traitant uniquement des marques et des dessins et modèles). Si le déposant étranger n'a pas d'adresse en Inde, il doit, comme indiqué précédemment, désigner un mandataire pour assurer la notification des actes. Même après l'obtention du droit, l'aide d'un mandataire local est essentielle pour les avertissements et la gestion des litiges en cas de contrefaçon ; il est donc conseillé de choisir un cabinet de propriété intellectuelle de confiance.

Pratiques locales et points à noter :

  • Traitement des dessins et modèles partiels : bien que la loi indienne sur les dessins et modèles ne contienne aucune disposition explicite concernant les dessins et modèles partiels, il est possible, dans la pratique, de protéger des designs partiels. Dans ce cas, il est nécessaire de veiller à indiquer clairement sur les dessins les parties pour lesquelles une protection est demandée et celles pour lesquelles elle ne l'est pas. En général, on utilise la méthode consistant à représenter les parties non protégées par des lignes pointillées ou en couleur claire, et les parties à protéger par des lignes pleines.Il convient d'ajouter une note dans le dossier de demande indiquant que « les parties en pointillés ne sont pas incluses dans le dessin ou modèle » et, si nécessaire, de joindre un agrandissement de la partie concernée. Par exemple, si l'on souhaite obtenir un droit uniquement sur la forme d'une pièce spécifique parmi l'ensemble du produit, on soumet un dessin représentant l'ensemble du produit, puis on met en évidence la partie à protéger à l'aide de flèches ou d'un encadrement, tandis que le reste est représenté par des lignes pointillées. Ainsi, même s'il n'existe pas de régime de dessin ou modèle partiel à proprement parler, il est possible de couvrir de facto un dessin ou modèle partiel grâce à la représentation sur les dessins et aux mentions de non-protection.

  • Absence de régime de dessin ou modèle confidentiel : contrairement au Japon, l'Inde ne dispose pas d'un régime de dessin ou modèle confidentiel permettant de maintenir la confidentialité pendant une certaine période après l'enregistrement. Une fois le dessin ou modèle enregistré, il est immédiatement rendu public et accessible à tous ; il n'est donc pas possible de retarder sa divulgation. Il est nécessaire de planifier le dépôt de la demande en tenant compte de la date de lancement du produit. Si le design venait à être rendu public dans le bulletin d'enregistrement avant la mise en vente, cela alerterait la concurrence et l'inciterait à l'imitation ; il est donc nécessaire de procéder à un ajustement stratégique du calendrier, par exemple en déposant la demande juste avant la mise en vente et en optant pour un enregistrement accéléré.

  • GUI et conception d'écran : En Inde, il n'existe traditionnellement aucune disposition explicite concernant les dessins et modèles dynamiques (tels que les changements d'affichage à l'écran), et il existait autrefois une opinion selon laquelle les interfaces graphiques (GUI) à forte composante logicielle ne pouvaient pas être enregistrées. Cependant, dans la pratique récente, les interfaces graphiques et les icônes affichées sur les écrans d'appareils électroniques sont désormais considérées comme pouvant être enregistrées en tant que « dessins et modèles bidimensionnels appliqués à des objets (dispositifs d'affichage électroniques) ».En effet, dans un arrêt rendu en 2023 par la Haute Cour de Calcutta, il a été reconnu que « l'interface graphique (affichage à l'écran) est utilisée dans l'industrie grâce au code source intégré à l'écran, qu'elle est appliquée au produit par des moyens électriques et qu'elle fait appel à la vue », confirmant ainsi son caractère de dessin ou modèle. Par conséquent, il est possible d'obtenir l'enregistrement des icônes d'application et de la conception de l'interface utilisateur si elles sont représentées sous forme d'images fixes lors du dépôt de la demande. Toutefois, il est difficile de protéger la transition entre plusieurs écrans dans une seule demande ; il est nécessaire de déposer une demande pour chaque écran.De plus, l'examen porte sur la mise en page fixe de chaque écran et non sur le mouvement en tant que tel.

  • Citation de dessins antérieurs : les examinateurs indiens effectuent des recherches sur les dessins connus et la documentation dans le monde entier, et évaluent de manière stricte la nouveauté et l'originalité.Des bulletins de dessins et modèles, des catalogues connus ou des images trouvées sur Internet peuvent parfois être cités comme motifs de rejet. On constate également que le taux de notification de motifs de rejet est généralement plus élevé qu'au Japon. Il est donc conseillé de se préparer à répondre en expliquant clairement les différences par rapport aux dessins et modèles antérieurs. Si nécessaire, il peut être utile d'expliquer le contexte de création du dessin ou modèle ainsi que ses modes d'utilisation afin d'aider l'examinateur à mieux comprendre.

  • Dénomination et classification du dessin ou modèle : dans le cadre d'une demande déposée en Inde, il est important de classer correctement le dessin ou modèle et d'en indiquer la dénomination avec précision. Si la dénomination est inappropriée (par exemple, si elle ne correspond pas à la classification ou si elle est trop vague), l'examinateur demandera des modifications.Il est recommandé de s'appuyer sur les termes figurant dans la classification de Locarno pour donner au produit un nom aussi concret et concis que possible. De plus, les demandes qui s'écartent du principe « une demande, un dessin ou modèle, une classification » risquent de se voir imposer une division ; il est donc important de restreindre la portée de la demande dès le dépôt.

  • Utilisation des catégories tarifaires : comme indiqué précédemment, les frais sont considérablement réduits pour les particuliers, les PME et les start-ups. Si vous remplissez ces conditions, veillez à le déclarer lors du dépôt de la demande afin de bénéficier de la réduction ou de l'exonération. Par exemple, si une petite entreprise omet de faire cette demande et est traitée comme une grande entreprise, les frais à payer seront multipliés par quatre. De plus, les start-ups doivent remplir les conditions fixées par le gouvernement indien (être en activité depuis un certain nombre d'années, avoir un chiffre d'affaires annuel inférieur à un certain seuil, etc.) ; veuillez donc vérifier ces conditions au préalable.

  • Pratique de l'exercice des droits : en cas de contrefaçon de droit de dessin ou modèle en Inde, il est essentiel d'obtenir rapidement une injonction provisoire afin de mettre fin à la commercialisation des produits contrefaits. Il convient ensuite d'engager une action civile pour obtenir une réparation complète. Les tribunaux indiens considèrent le certificat d'enregistrement du dessin ou modèle comme une preuve présomptive de la validité du droit et font peser sur le contrefacteur la charge de la preuve des motifs d'invalidité.Toutefois, pour se prémunir contre toute contestation selon laquelle son dessin ou modèle manquerait de nouveauté ou d’originalité, il est également dans l’intérêt du titulaire de mener une recherche approfondie sur les dessins ou modèles antérieurs avant l’enregistrement. En outre, lorsque le calcul du préjudice est difficile, on peut envisager la « réparation simplifiée » prévue par la loi sur les dessins et modèles (la demande de somme forfaitaire mentionnée plus haut) ; toutefois, le plafond étant fixé à 50 000 roupies, ce qui est peu élevé, on optera pour une demande de dommages-intérêts classique en cas de préjudice important.

  • Mesures douanières : à l'instar des marques et des droits d'auteur, il est possible de recourir au système de suspension des importations par les douanes pour les dessins et modèles. Si le droit sur le dessin ou modèle est enregistré (Recordation) auprès des douanes indiennes, il existe un système permettant aux douanes de détecter et de suspendre l'importation de produits soupçonnés de contrefaçon. Toutefois, pour que ce système fonctionne concrètement, il est nécessaire de fournir des informations sur les produits contrefaits et d'assurer un suivi sur place.Si une entreprise étrangère souhaite empêcher l'entrée de contrefaçons en provenance de l'étranger, il est judicieux d'envisager de recourir à l'enregistrement auprès des douanes en collaboration avec un mandataire local.

Nous avons ainsi présenté de manière exhaustive les grandes lignes et les points clés du système indien des dessins et modèles. L'Inde est un marché en forte croissance économique, et la protection du design des produits y prend de plus en plus d'importance chaque année. Il est nécessaire d'acquérir et d'utiliser ces droits de manière appropriée, tout en tenant compte des caractéristiques institutionnelles différentes de celles du Japon (par exemple, la courte durée de validité ou l'absence de système d'opposition). Nous espérons que ce rapport vous aidera à acquérir et à exercer vos droits de dessin ou modèle en Inde.

Sources de référence : texte original de la loi indienne sur les dessins et modèles et ses règlements, lignes directrices du Bureau indien des brevets, des dessins et modèles et des marques, documents fournis par l'Office japonais des brevets et le JETRO, commentaires de cabinets d'avocats locaux, etc. Veuillez également vous référer, si nécessaire, aux textes législatifs pertinents (loi indienne sur les dessins et modèles de 2000, règlement sur les dessins et modèles de 2001, modifié en 2021) ainsi qu'aux informations disponibles sur le site officiel de l'Office indien de la propriété intellectuelle.

杉浦健文 弁理士

AUTEUR / Rédacteur

Takefumi Sugiura

Cabinet de propriété intellectuelle EVORIX, avocat en propriété industrielle et représentant

Assiste des clients issus d'un large éventail de secteurs (informatique, industrie manufacturière, start-ups, mode, médecine, etc.) dans tous les domaines, du dépôt de demandes de brevets, marques, dessins et modèles et droits d'auteur jusqu'aux procédures de recours et aux litiges en contrefaçon. Il est également spécialisé dans les stratégies de propriété intellectuelle dans les domaines de pointe tels que l'IA, l'IoT, le Web3 et la FinTech. Membre de plusieurs organisations, notamment l'Ordre des conseils en propriété industrielle du Japon, l'Association des conseils en propriété industrielle d'Asie (APAA) et l'Association japonaise des marques (JTA).