Introduction : ce « brevet chinois » pourrait bien ne valoir qu'un bout de papier à Hong Kong Hong...
Édition 2026, IP Trends round-up - Sujets d'actualité en matière de brevets, de marques et de dessins et modèles

En 2026, l'économie mondiale sera marquée par trois grandes tendances : la mise en œuvre rapide des technologies d'IA dans la société, l'accélération de la transition écologique (GX) et l'intensification des risques géopolitiques. Ces changements dans l'environnement commercial imposent une transformation radicale des stratégies de propriété intellectuelle (PI) des entreprises.
Dans les domaines des brevets, des marques et des dessins et modèles, les réformes législatives et la mise en œuvre de nouveaux systèmes se succèdent, et les situations auxquelles il n'est plus possible de faire face en s'appuyant uniquement sur les pratiques traditionnelles se multiplient. Cet article présente de manière exhaustive les dernières tendances que les responsables de la propriété intellectuelle et les dirigeants d'entreprise doivent connaître en 2026, en s'appuyant sur les trois piliers que sont les brevets, les marques et les dessins et modèles.
Chaque chapitre aborde non seulement les points clés des réformes institutionnelles, mais explique également en détail les mesures concrètes que les entreprises doivent prendre. Nous vous invitons à lire cet article jusqu'au bout afin de vous aider à revoir la stratégie de propriété intellectuelle de votre entreprise.
📑 Table des matières
- Chapitre 1 : Tendances en matière de brevets — IA générative, GX et sécurité économique
- Chapitre 2 : Tendances en matière de marques — Système de consentement, métaverse, demandes de contrefaçon
- Chapitre 3 : Tendances en matière de dessins et modèles — Dessins et modèles d'interface utilisateur/expérience utilisateur, bâtiments et dessins et modèles connexes
- Chapitre 4 : Mesures à prendre par les entreprises + Conclusion
Chapitre 1 : Tendances en matière de brevets — IA générative, GX et sécurité économique
En 2026, le domaine des brevets connaît une période de transition majeure, dans un contexte marqué par l’évolution technologique et les changements de la situation internationale. Trois thèmes, en particulier, sont déterminants pour la stratégie des entreprises en matière de brevets : le traitement des inventions liées à l’IA générative, la stratégie de brevetage des technologies de la GX (transformation verte) et le régime de non-divulgation fondé sur la sécurité économique.
1-1. IA générative et brevets — De la question de l'inventeur aux pratiques opérationnelles
À mesure que l'IA générative (Generative AI) s'imprègne dans les domaines des affaires et de la recherche et développement, des questions fondamentales telles que « Les inventions générées par l'IA peuvent-elles faire l'objet d'une protection par brevet ? » et « L'IA peut-elle être considérée comme un inventeur ? » ont fait l'objet de débats dans le monde entier. En 2026, les positions des différents pays sur ces questions tendent à se rapprocher.
Au Japon, la révision de la « Recueil de cas relatifs à l'examen des inventions liées à l'IA » publiée par l'Office des brevets a réaffirmé le principe selon lequel « l'IA n'est qu'un outil et l'inventeur doit être une personne physique (un être humain) ». Une orientation similaire a été adoptée aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni, et un consensus international s'est dégagé à la suite de l'affaire DABUS (un cas où l'IA « DABUS » a été désignée comme inventeur dans une demande de brevet).
Cependant, les véritables défis pratiques ne font que commencer. Aucune norme claire n'a encore été établie quant au degré de « contribution créative » humaine à démontrer pour les inventions issues de l'utilisation de l'IA. Dans les départements de R&D des entreprises, il est désormais indispensable de rédiger un « rapport sur le processus d'invention » qui consigne en détail le processus d'utilisation des outils d'IA et précise par écrit à quelle étape l'humain a pris quelles décisions et donné quelles instructions.
De plus, les dépôts de brevets portant sur des inventions logicielles utilisant l'IA générative connaissent une forte augmentation, et les professionnels de la propriété intellectuelle doivent désormais maîtriser les compétences nécessaires à la rédaction de revendications concernant l'architecture des modèles d'IA et les méthodes d'entraînement.
💡 Conclusions internationales sur la question des inventeurs IA
En 2026, le principe selon lequel « l'IA en soi ne peut être considérée comme un inventeur » est désormais établi au Japon, aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni. Les entreprises doivent désormais se concentrer sur la manière de prouver « la contribution créative de l'humain ayant utilisé l'IA comme un outil ». Mettez en place dès maintenant un système de documentation du processus d'invention. Les journaux de développement, l'historique des invites données à l'IA, ainsi que les enregistrements des choix et des modifications effectués par l'humain constitueront les fondements de l'exercice futur de vos droits.
1-2. Stratégie de brevets GX — Protection de la propriété intellectuelle des technologies vertes
La GX (transition verte) visant à atteindre la neutralité carbone reste, en 2026, au premier plan des enjeux politiques mondiaux. Dans le cadre de sa « stratégie de promotion de la GX », le gouvernement japonais accélère le développement technologique en vue d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, ce qui entraîne une évolution significative des tendances en matière de dépôts de brevets.
Afin de soutenir l'obtention rapide de droits sur les technologies vertes, l'Office japonais des brevets continue de mettre en œuvre le « système d'examen accéléré pour les technologies vertes ». En recourant à ce système, l'examen des brevets, qui prend habituellement plus de 10 mois, permet dans certains cas d'obtenir les résultats de l'examen préliminaire (première action) environ 2 à 3 mois après le dépôt de la demande, ce qui permet d'obtenir des droits adaptés au rythme des activités commerciales.
Les domaines technologiques concernés sont vastes et comprennent notamment les énergies renouvelables (solaire, éolienne, hydrogène), les technologies de stockage et de batteries, le captage et le stockage du CO₂ (CCS/CCUS), les technologies d'économie d'énergie et les technologies de l'économie circulaire (recyclage et réutilisation). Les brevets liés aux véhicules électriques (VE) dans le secteur automobile et les brevets sur les matériaux issus de la biomasse dans l'industrie des matériaux peuvent également bénéficier de ce système.
De plus, d'un point de vue international, les activités de licence et de transfert de technologies vertes via des plateformes internationales telles que WIPO GREEN s'intensifient. La constitution stratégique d'un portefeuille de brevets liés à la GX permet ainsi de s'assurer de nouvelles sources de revenus provenant des licences.
⚡ Tirez parti de l'examen accéléré GX
Si vous possédez des inventions relevant des technologies vertes, nous vous recommandons vivement de recourir à l’« examen accéléré vert ». La durée de l’examen étant considérablement raccourcie par rapport à l’examen standard, cela permet d’obtenir la protection de vos droits en temps voulu pour votre projet. Veuillez consulter un expert, notamment pour déterminer si votre technologie est éligible.
1-3. Sécurité économique et système de non-publication des demandes de brevet
Le « système de non-publication des demandes de brevet » (fondé sur la loi relative à la promotion de la sécurité économique), entré en vigueur en mai 2024, sera pleinement opérationnel en 2026, et son impact sur les entreprises se concrétise. Ce système vise à préserver, sans en divulguer le contenu, les demandes de brevet portant sur des technologies importantes pour la sécurité nationale.
Les domaines technologiques susceptibles d'être concernés par ce régime sont notamment les technologies de pointe en matière de semi-conducteurs, l'informatique quantique, les technologies spatiales, les matériaux de pointe (en particulier ceux liés à la défense), les technologies de cybersécurité et les technologies liées à l'énergie nucléaire. Les demandes de brevet portant sur des inventions relevant de ces domaines technologiques sont soumises à un examen préliminaire (filtrage) par l'Office des brevets, puis à un examen de préservation par le Cabinet du Premier ministre, qui détermine la nécessité d'une « désignation de préservation ».
Si la désignation de préservation est accordée, le contenu de la demande n'est pas divulgué et la mise en œuvre de l'invention peut faire l'objet de restrictions. De plus, pour les demandes à l'étranger, il est obligatoire de déposer d'abord une demande au Japon (obligation de dépôt dans le premier pays) ; tout dépôt à l'étranger sans autorisation est passible de sanctions.
Les entreprises doivent vérifier au préalable si leurs thèmes de recherche et développement relèvent des technologies concernées par le régime de non-publication et, le cas échéant, revoir leur processus de dépôt de demande. Pour les entreprises disposant de sites à l'étranger ou déployant une stratégie de dépôt à l'échelle mondiale, le respect de l'obligation de dépôt dans le premier pays constitue une priorité absolue.
🚨 Système de non-publication — Précautions en matière de conformité
Si une invention relevant du régime de non-publication des demandes de brevet fait l'objet d'un dépôt direct à l'étranger sans passer par le Japon, cela constitue une infraction à la loi et est passible de sanctions. Les entreprises engagées dans la R&D dans les domaines des technologies de pointe doivent impérativement vérifier si la technologie en question est concernée avant de déposer une demande et mettre à jour leur procédure interne de dépôt. En cas de doute, il est fortement recommandé de consulter un expert spécialisé en sécurité économique.
Chapitre 2 : Tendances en matière de marques — Système de consentement, métaverse et demandes de contrefaçon
Dans le domaine des marques, la mise en œuvre pratique du système de consentement, entré en vigueur en avril 2024, commence à se stabiliser. Parallèlement, les stratégies de protection des marques adaptées à l'ère du métaverse et du Web3, ainsi que la lutte contre les demandes de dépôt frauduleuses à l'étranger, qui reste un problème grave, constituent les grandes tendances pour 2026.
2-1. Mise en œuvre à grande échelle du système de consentement
🢢 Qu'est-ce que le système de consentement ?
Le système de consentement est un dispositif qui autorise l'enregistrement simultané de marques similaires à une marque déjà enregistrée, à condition d'obtenir le « consentement » du titulaire du droit antérieur. Entré en vigueur le 1er avril 2024, il fait désormais l'objet d'une accumulation de savoir-faire pratique en vue de son application en 2026.
Auparavant, en cas d’existence d’une marque antérieure similaire, l’enregistrement était en principe refusé. Grâce à l’introduction du système de consentement, l’enregistrement concomitant est désormais possible par le biais de négociations et d’un accord avec le titulaire du droit antérieur, ce qui améliore considérablement la flexibilité des stratégies de marque. Il convient toutefois de noter que l’enregistrement peut ne pas être autorisé même en cas de consentement s’il existe un risque de confusion chez les consommateurs. Lors de la rédaction d’un accord de consentement entre entreprises, il est important de clarifier le champ d’application et les conditions d’utilisation.
2-2. Protection des marques à l'ère du métaverse et du Web3
🢢 La protection des marques dans les espaces virtuels est une priorité urgente
Alors que le développement commercial dans le métaverse et l'espace Web3 s'accélère, l'importance de la protection des marques dans l'espace virtuel augmente rapidement. Afin de répondre à la vente de produits (articles virtuels) et à la fourniture de services dans l'espace virtuel, le choix des classes et des produits/services désignés lors du dépôt d'une demande d'enregistrement de marque revêt une importance plus grande que jamais.
Pour assurer la protection des marques dans l'espace du métaverse, il est nécessaire d'enregistrer les marques dans les classes appropriées non seulement pour les produits et services du monde réel, mais aussi pour les biens et services numériques fournis dans l'espace virtuel. Par exemple, lors de la vente d'articles de mode virtuels, il faut envisager non seulement la classe des vêtements réels (classe 25), mais aussi celle des biens numériques dans l'espace virtuel.
La protection des marques liée aux NFT (jetons non fongibles) est également un sujet important. Les cas d'utilisation de logos de marque ou de personnages sous forme d'œuvres d'art NFT ou d'objets de collection NFT se multiplient, et l'obtention d'une marque dans le domaine des actifs numériques est désormais indispensable pour prévenir toute utilisation abusive.
⚡ Couverture des classes de marques dans le métaverse
Pour la protection des marques dans le métaverse, il est recommandé de couvrir au minimum les classes suivantes.
Classe 9 : Produits virtuels téléchargeables (produits virtuels), programmes informatiques
Classe 35 : Fourniture de services aux clients dans le cadre d'activités de vente au détail ou en gros de produits dans l'espace virtuel (places de marché en ligne) Il convient également
d'envisager les classes 41 et 42, entre autres, selon les besoins. Veuillez également conserver les classes correspondant à vos activités existantes dans le monde réel (par exemple, la classe 25 pour les vêtements).

2-3. Mesures contre les dépôts abusifs à l'étranger
🢢 Qu'est-ce qu'une demande de contrefaçon (demande anticipée) ?
Une demande abusive est un acte par lequel un tiers, qui n'est pas le titulaire légitime des droits, dépose ou enregistre sans autorisation une marque ou un logo appartenant à autrui. Les demandes abusives visant les marques d'entreprises japonaises sont particulièrement fréquentes en Chine et en Asie du Sud-Est, et constituent toujours un problème grave en 2026. Si l'on laisse ces demandes abusives sans réponse, cela risque non seulement d'entraver l'expansion internationale de la marque de l'entreprise, mais aussi de favoriser la circulation de contrefaçons.
Les approches suivantes constituent des mesures efficaces contre les demandes de dépôt frauduleuses. Tout d'abord, dans les pays appliquant le principe du « premier déposant » (comme la Chine), la mesure préventive la plus efficace consiste à déposer une demande d'enregistrement de marque dès le stade de la planification de l'expansion à l'étranger. Ensuite, il convient de surveiller régulièrement les bulletins des marques de chaque pays afin de détecter rapidement les demandes de dépôt frauduleuses et de mettre en place un système permettant de s'y opposer par le biais d'oppositions ou de procédures d'annulation.
En Chine, la révision de la loi sur les marques de 2019 a renforcé les dispositions relatives au rejet des « demandes malveillantes sans intention d'utilisation », mais dans la pratique, cela n'a pas encore abouti à une solution complète. Une stratégie importante consiste également à protéger simultanément une marque dans plusieurs pays grâce à une demande internationale utilisant le Protocole de Madrid (Madpro).
🚨 Les risques liés à l'inaction face aux demandes de contrefaçon
Si l'on laisse sans suite les demandes de contrefaçon à l'étranger, non seulement l'entrée sur le marché local sous sa propre marque devient difficile, mais il existe également des cas où les contrefacteurs réclament des redevances de licence ou où les produits authentiques de l'entreprise sont saisis par les douanes. Si vous envisagez ne serait-ce qu'un peu de vous développer à l'étranger, il est indispensable de déposer une demande dès que possible dans les pays cibles et de mettre en place un système de surveillance.
Chapitre 3 : Tendances en matière de dessins et modèles — UI/UX, dessins et modèles d'images, bâtiments et dessins et modèles connexes
Six ans se sont écoulés depuis la grande réforme de la loi sur les dessins et modèles de 2020, et les dépôts et enregistrements de dessins et modèles graphiques, d'édifices et de designs d'intérieur, désormais couverts par la protection, augmentent régulièrement. En 2026, la mise en œuvre pratique dans ces domaines aura encore gagné en maturité, et l'importance des droits de dessin et modèle dans la stratégie de design des entreprises ne cesse de croître.
3-1. Augmentation des demandes de dessins et modèles d'interface utilisateur (UI) et d'expérience utilisateur (UX)
💡 Champ d'application de la protection des dessins et modèles graphiques
Suite à la révision de la loi sur les dessins et modèles de 2020, non seulement les images affichées sur des objets, mais aussi les images fournies sur le cloud et les conceptions d'interface utilisateur (UI) sont désormais éligibles à l'enregistrement de dessin ou modèle. La protection des conceptions de produits numériques, telles que l'interface utilisateur (UI) des applications pour smartphones, les interfaces de services web et les écrans de commande des appareils IoT, connaît une expansion spectaculaire. En 2026, les demandes d'enregistrement concernant les interfaces utilisateur (UI) des tableaux de bord des produits SaaS et les conceptions d'interaction dans les espaces de réalité augmentée (RA) et de réalité virtuelle (RV) sont également en hausse.
En matière de dépôt de dessins et modèles pour la conception UI/UX, il est possible de déposer des images changeantes (UI animées) ou plusieurs écrans constituant une séquence de flux opérationnel. De plus, en tirant parti du système des dessins et modèles partiels, il est possible de protéger uniquement des éléments spécifiques de l'interface utilisateur (boutons, icônes, parties de navigation, etc.) plutôt que l'écran dans son ensemble.
Pour les entreprises qui mènent un développement de produits axé sur le design, une stratégie globale de propriété intellectuelle combinant brevets (protection fonctionnelle) et dessins et modèles (protection esthétique) s'avère efficace. Envisagez l'utilisation stratégique des dessins et modèles d'images comme un puissant moyen de dissuasion contre l'imitation de l'interface utilisateur par les concurrents.
3-2. Protection des dessins et modèles pour les bâtiments et les aménagements intérieurs
💡 Enregistrement des dessins et modèles d'architecture et d'aménagement intérieur
Les designs d'extérieur et d'intérieur des bâtiments, qui font désormais l'objet d'une protection depuis la révision de 2020, constituent une propriété intellectuelle importante pour l'image de marque des magasins, des bureaux et des établissements commerciaux. On observe notamment une tendance croissante, dans les secteurs de la vente au détail, de la restauration et de l'hôtellerie, à protéger les designs de magasins uniques par des droits de design. En 2026, on constate également une augmentation des enregistrements de designs d'intérieur pour les espaces de coworking et les showrooms.
Dans le cadre d'une demande d'enregistrement de dessin ou modèle d'intérieur, c'est « l'esthétique globale et unifiée de l'intérieur », résultant de la combinaison d'éléments tels que le mobilier, les agencements, l'éclairage et les décorations murales, qui fait l'objet de la protection. La principale caractéristique réside dans le fait qu'il est possible de protéger le design global de l'espace dans son ensemble, et non pas uniquement les agencements ou les meubles pris isolément.
Toutefois, les demandes de dépôt de dessins et modèles pour les bâtiments et les aménagements intérieurs requièrent un savoir-faire différent de celui nécessaire pour les dessins et modèles de produits traditionnels, notamment en matière de préparation des plans et de démonstration de la nouveauté. Des compétences spécialisées sont requises pour la création de dessins à partir de plans architecturaux ou de données CAO, ainsi que pour la mise en évidence des points de différenciation par rapport aux modèles connus.
3-3. Utilisation stratégique du système des dessins et modèles connexes
💡 Élargissement du régime des dessins et modèles connexes
Grâce à l'extension du régime des dessins et modèles apparentés prévue par la révision de 2020, il est désormais possible de déposer une demande de dessin ou modèle apparenté dans un délai de 10 ans à compter de la date de dépôt du dessin ou modèle principal. Cela permet de mettre en place une protection à long terme sous forme de famille de dessins et modèles, en fonction des variations de conception des produits ou des changements de modèle.
Le régime des dessins et modèles connexes est un système destiné à protéger de manière systématique les multiples variantes dérivées d'un même concept de design. Par exemple, lors d'un changement complet de modèle d'une voiture, en déposant des dessins et modèles connexes à partir du design de base (dessin et modèle principal), tels que des versions légèrement modifiées ou des versions de différentes catégories, il est possible de mettre en place un réseau de droits couvrant l'évolution du design.
De plus, la durée de protection des dessins et modèles apparentés est de 25 ans à compter de la date de dépôt du dessin ou modèle principal (applicable aux demandes déposées après la révision de 2020), ce qui permet une protection à long terme. Ce système est particulièrement efficace dans le cadre des stratégies de conception de produits ayant un cycle de vie long, tels que les appareils électroménagers, les automobiles et le mobilier.
Tableau comparatif des tendances en matière de propriété intellectuelle en 2026
| Domaine | Tendances à surveiller | Impact sur les entreprises | Actions recommandées |
|---|---|---|---|
| Brevets | Inventions générées par l'IA, technologies GX, régime de non-divulgation | Une révision du processus de dépôt est indispensable ; l'importance des registres d'inventions s'accroît | Mise en place d'un système d'enregistrement des inventions issues de l'IA, recours à l'examen accéléré GX, mise en place d'un processus de vérification du régime de non-divulgation |
| Marques | Système de consentement, adaptation au métaverse, demandes de contrefaçon | Multidimensionnalisation de la stratégie de marque, capacité de réaction aux risques à l'étranger requise | Ajout de classes pour les espaces virtuels, mise en place d'un système de surveillance à l'étranger |
| Dessins et modèles | UI/UX, dessins et modèles d'images, architecture et aménagement intérieur, dessins et modèles connexes | Le champ d'application des droits sur les actifs de conception s'élargit considérablement | Dépôt de demandes de protection pour les interfaces utilisateur numériques et l'aménagement intérieur des magasins, protection à long terme des designs connexes |
Chapitre 4 : Mesures à prendre par les entreprises + Conclusion
À la lumière des dernières tendances en matière de propriété intellectuelle pour 2026 exposées jusqu'ici, nous avons identifié trois mesures concrètes que les entreprises doivent prendre dès maintenant.
✅ Action n° 1 : inventaire de la propriété intellectuelle et restructuration du portefeuille
Commencez par dresser un inventaire de votre portefeuille de propriété intellectuelle existant (brevets, marques, dessins et modèles).Vérifiez si vous disposez de droits non encore acquis dans les domaines nouvellement couverts par les réformes législatives de 2020 et au-delà (dessins et modèles d'images, aménagement intérieur de bâtiments, marques dans l'espace virtuel, etc.). En particulier, pour les technologies et marques phares, l'idéal est de mettre en place un système de protection multicouche reposant sur les trois piliers que sont les brevets, les marques et les dessins et modèles. En plus de supprimer les droits inutiles, visez un portefeuille rentable.
✅ Action 2 : Adaptation des processus internes aux nouveaux systèmes
Pour tirer parti des nouveaux systèmes (tels que le régime de non-publication des demandes de brevet, l’obligation de dépôt dans le premier pays, l’utilisation du système de consentement ou la demande d’examen accéléré GX), il est indispensable de mettre à jour les processus internes de dépôt et de gestion. En particulier, revoyez la coordination entre les départements de R&D, juridique et de la propriété intellectuelle, et mettez en place des listes de contrôle et des organigrammes adaptés aux nouveaux systèmes. Mettez en place un mécanisme permettant d’éviter toute omission dans la mise en conformité, y compris un système d’enregistrement des inventions issues de l’utilisation de l’IA.
✅ Action 3 : Renforcement de la stratégie mondiale en matière de propriété intellectuelle
Les entreprises qui envisagent de se développer sur les marchés étrangers doivent revoir de manière globale leurs stratégies en matière de dépôt de marques anticipé pour lutter contre les dépôts frauduleux, d’enregistrement international de marques via le système de Madrid et de brevets internationaux via le système PCT. En particulier, si vous prévoyez de vous implanter sur les marchés asiatiques (Chine et Asie du Sud-Est), la collaboration avec des partenaires connaissant bien les systèmes de propriété intellectuelle et les pratiques commerciales locales est la clé du succès. Envisagez également d’utiliser des plateformes internationales telles que WIPO GREEN.
Conclusion
L'année 2026 sera marquée par de profonds changements dans le domaine de la propriété intellectuelle, avec la convergence simultanée de l'innovation technologique (IA et GX) et des réformes institutionnelles (système de non-publication et système de consentement). En matière de brevets, les thèmes prioritaires concernent la prise en charge de l'IA générative et des technologies GX ; pour les marques, la protection des marques à l'ère du métaverse et la lutte contre les demandes de contrefaçon ; et pour les dessins et modèles, l'extension de la protection aux interfaces utilisateur numériques et aux aménagements intérieurs.
Ces tendances ont un point commun : « une gestion de la propriété intellectuelle qui se contente de prolonger les pratiques traditionnelles n'est plus suffisante ». Pour s'adapter aux nouveaux systèmes et technologies et déployer une stratégie proactive en matière de propriété intellectuelle, il est indispensable de se tenir informé des dernières actualités et de faire appel à des experts.
Le cabinet de propriété intellectuelle EVORIX fournit des conseils stratégiques tenant compte des dernières tendances de 2026 dans tous les domaines : brevets, marques et dessins et modèles. Si vous souhaitez revoir la stratégie de propriété intellectuelle de votre entreprise, n'hésitez pas à nous contacter.
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AUTEUR / Rédacteur
Takefumi Sugiura (SUGIURA Takefumi)
Cabinet de propriété intellectuelle EVORIX - Avocat en brevets et représentant
Nous accompagnons nos clients issus d'un large éventail de secteurs (informatique, industrie manufacturière, start-ups, mode, médecine, etc.) depuis le dépôt de demandes de brevets, marques, dessins et modèles et droits d'auteur jusqu'aux procédures de recours et aux litiges en matière de contrefaçon. Nous maîtrisons également les stratégies de propriété intellectuelle dans les domaines de pointe tels que l'IA, l'IoT, le Web3 et la FinTech. Membre de plusieurs organisations, notamment l'Ordre des conseils en propriété industrielle du Japon, l'Association des conseils en propriété industrielle d'Asie (APAA) et l'Association japonaise des marques (JTA).